LE MOT ET LA CHOSE
OU
L’HEURE FACÉTIEUSE
Par la Compagnie INTERLIGNE
Imaginez la scène de l’amphithéâtre Gaston de Bonneval. Côté Jardin : un pupitre et une contrebasse. Côté cour : un pupitre et un siège noir. Côté Jardin s’installe un musicien ; côté cour s’assied une comédienne. Puis, en quelques instants, le talent déferle en larges vagues. C’est parti pour une heure de textes, d’extraits de chansons au service d’Epicure, de la sensualité, du plaisir sans partage et sans retenue.
Oui, une heure durant laquelle on ira de Prévert à Léo Ferré, de Baudelaire à Juliette, de Brassens à Pierre Perret, de Tristan Bernard à Yvette Guilbert, de Rémo Gary à Jeanne Chéral. Un superbe florilège de poèmes au service du plaisir charnel, de la polissonnerie galante, de l’espièglerie malicieuse frappée au coin de la drôlerie.
Et la musique ? Qui peut prétendre que la contrebasse n’a pas d’âme ? Dans le spectacle, servi avec une grande magie par Pierre Léger, l’instrument va au-delà du simple accompagnement : il inspire le texte, il ponctue l’atmosphère, il souligne la volupté de la parole.
Quant à Emmanuelle Trégnier, la comédienne, c’est une fort belle découverte ! Elle passe avec aisance de la confidence murmurée à l’humour le plus débridé. Qu’elle parle ou qu’elle chante (fort bien, d’ailleurs), sa présence est évidente, tant elle respire ses textes avec un superbe talent finement maîtrisé.
Le public, venu nombreux ce soir-là,( l’amphithéâtre était parfaitement rempli), a ponctué avec enthousiasme cette « heure facétieuse » suivie avec une attention sans faille. Une nouvelle belle soirée signée « Double Cœur ».
Gilles Magréau
Quelques photos de la soirée --->.
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